|
|
|
|
||
|
|
ON6 |
![]() |
RADIO-CLUB DU BORINAGE |
|
|
|
Pavé de Warquignies 119 7340 Colfontaine (Belgium) - QRA Locator : JO10WK - Contact : ON4CN Ouverture du Club 14h00 à + / - 18h00 |
|
||
|
|
|
|
||
Les premiers Amateur dans Le Borinage |
Marius Libert ON4CN, président d'Honneur de ON6RM. Libert Marius est l'un des
premiers RadioAmateurs dans la région de MONS. C'est à lui que nous consacrerons ces lignes. Nous essayerons de nous exprimer le plus clairement possible pour les lecteurs, tout en donnant un maximum de renseignements techniques très utiles. |
||||
PREMIERE PARTIE | ||||
La réception des ondes . | ||||
Comment Monsieur Libert en vint-il à faire ses débuts dans la Radio ?
|
Alors que j'étais jeune étudiant, je m'intéressais déjà
à la radio, mais mes études me prenaient beaucoup de temps. Car il y avait deux épreuves pratiques en deuxième
session pour obtenir le diplôme d'enseignant. J'ai commencé dans les années 20 à faire
de l'écoute
de la
radiodiffusion (pas nécessairement des ondes courtes) sur mon poste à galène On écoutait surtout le soir
les postes Anglais, Français, comme le petit Parisien, Radiola, qui travaillaient sur ondes moyennes. Les ondes courtes,
à cette époque, n'étaient pas encore occupées par le broadcasting (radiodiffusion). L'écoute
se faisait ordinairement au casque, mais en le plaçant dans un récipient, il faisait office de haut-parleur. Tous, nous
étions réunis autour de la table pour écouter les auditions. Ce récepteur fonctionnait bien mais
évidemment, l'écoute n'était pas très audible. L'antenne était généralement un long fil
de cuivre ou de bronze que l'on tendait du jardin. Evidemment, il fallait prendre la
précaution de disposer des bouchons de
liège pour éviter de blesser les pigeons du voisin. Cette obligation de protéger les volatiles faisait l'objet d'un
règlement communal à l'époque. Mon second poste fut un montage à une lampe que l'on
appelait
" Poste à Réaction ". Il était équipé de
résistances
et de condensateurs réalisés à la main. J'ai fabriqué des condensateurs fixes, variables à
tiroir, rotatifs avec flasques et de forme cylindrique. J'avais acheté pour cela des tiges filetées et des rondelles en
laiton, les flasques étaient tout simplement du bois paraffiné qui servait d'isolant. |
Les bobinages étaient souvent réalisés suivant les systèmes
" fond de panier " ou alors en " nid d'abeilles ", et
cela sans machine. Ce montage équipé d'une seule lampe fonctionna très bien; Pour augmenter la
sensibilité du poste, on déculottait le tube parce que l'isolant était de mauvaise qualité. Le fait d'avoir
uniquement le verre et les fils sortant de la lampe multipliait la sensibilité par 10 .Il y avait en ce temps là un
journal hebdomadaire qui avait pour titre "L'ANTENNE", un journal français sur papier
jaune &édité par des RadioAmateurs expérimentés, faisant des articles
techniques bien documentés et sérieux. On parlait de montages broadcasting et c'est ainsi que j'ai
construit un poste à
lampes et bobinages qui étaient montés sur pivots. Il y avait trois selfs, l'une était fixe et les deux autres
étaient placées avec pivots sur le panneau avant du poste. Les deux condensateurs variables se trouvaient en retrait de la face
avant. C'était un poste comportant un étage d'amplification de haute fréquence, un étage détecteur
à réaction et un étage amplificateur de basse fréquence. J'ai construit le haut-parleur avec un vieux moteur et
le cône était en carton léger. J'avais construit tout cela moi-même car le matériel à cette
époque coûtait assez cher . |
Au début, les postes étaient alimentés par des accus qui étaient construits de
façon artisanale. Le chargeur était constitué d'un redresseur et de plusieurs soupapes
électrolytiques construites avec des tubes en verre contenant du bicarbonate de soude !. Je ne citerai pas le nom d'un ami qui un
soir de cuite et recherchant du bicarbonate de soude, avait vidé accidentellement le contenu d'une soupape électrolytique.
Pour ma part, je redressais la tension alternative avec 16 soupapes pour recharger mes accus de
120 volts. Les grosses firmes de l'époque comme Thomson et S.B.R construisaient de très bons postes de radio
qui étaient de la technique avancée. Puis par la suite, on a travaillé sur le secteur, il a fallu construire
les transformateurs. Les lampes étaient chauffées en alternatif sous des tensions allant de 4 à 5 volts et 6,3
volts pour les lampes équipant les postes américains. |
On peut dire qu'il y avait eu une sérieuse évolution, puisque du simple poste à une lampe
, on a adjoint un étage à haute fréquence, ensuite un étage de basse fréquence,
pour arriver enfin au Super à quatre lampes. Il n'y avait pas d'étage de moyenne fréquence. On faisait de la détection par tube diode du genre 6H6 et puis les postes sont devenus de en plus compliqués et comprenaient de 7 à 8 lampes.
Enfin, j'ai assemblé un poste hétérodyne comportant 9 à 10 tubes dont chaque lampe ne remplissait qu'une fonction. On utilisait les montages appelés C119 et C199 bis qui étaient très en
vogue chez les amateurs. C'est ainsi que d'astuces en astuces, je suis arrivé à obtenir des récepteurs très
sensibles et très sélectifs malgré mes pauvres ressources. |
||||
QUESTION : | ||||
Quelles étaient les stations entendues à cette époque dans les années
20-25 Au point de vue amateur: les stations que l'on entendait au début étaient des stations Américaines car elles émettaient déjà avant nous. On entendait aussi des indicatifs Français, Anglais et Allemands, puis un peu plus tard des Russes. Toute l'Europe était entendue uniquement en télégraphie (morse). C'est seulement par après que les essais en téléphonie ont commencé. Au point de vue radiodiffusion on écoutait surtout le soir avec la galène, ensuite avec le poste à réaction, on recevait des stations étrangères. Ces stations étaient très bien reçues ici à Jemappes , mais il fallait attendre le soir car ces postes émettaient en petite puissance . Naturellement, la nuit favorisait la propagation des ondes. Il y avait aussi la Tour Eiffel qui émettait des signaux horaires sur ondes longues. |
(aux environs de 2000 mètres). . Dans la région, les stations
locales ont démarré dans les années 1935 on écoutait Radio Binche, Radio Châtelineau et aussi Radio Wallonia. C'étaient des émetteurs de faible puissance qui étaient très suivis et avaient une bonne audience. Citons également Radio Liège ainsi que certains postes régionaux flamands. Voilà donc comment Monsieur Libert (ON4CN) réalisa avec du matériel précaire pour l'époque, ses postes de radio lui permettant d'écouter le monde entier. Cela représentait déjà un exploit peu banal dans notre région. Evidemment, ON4CN n'en resta pas là et il nous explique réellement ses débuts en temps que
RadioAmateur . |
||||
Deuxième Partie : L'émission des ondes | ||||
1924 est l'année de l'obtention de mon diplôme d'instituteur
au jury central. C'est à cette époque que j'ai commencé les premiers essais dans la
bande des 180 mètres avec mon ami ON4CP Willy Gerronnez . Etant étudiant ingénieur il habitait Flénu où nous avons fait la première liaison radio en téléphonie sans modulation.
L'antenne était constituée par une sorte de cage, il y avait deux cercles en fil de gros diamètre aux
extrémités. Au centre, il y avait un réseau de fils d'une longueur de 6 à 10 mètres
(on installait le tout selon la topographie des lieux). D'ailleurs, on ne mesurait pas car on ne connaissait rien dans la
théorie des antennes en ce temps-là . On plaçait l'antenne dans le jardin, cela marchait ou ne marchait pas.
Alors, on en modifiait la longueur pour obtenir un bon résultat. On modulait en plaçant directement un
microphone du type Charbon que j'ai fabriqué moi-même avec de l'anthracite.
Je plaçais ce composant extraordinaire dans l'antenne et c'était parti. Evidemment, on obtenait quand même
des résultats puisque entre nos stations, il y avait à peine un kilomètre et nous n'avions pas de
difficultés pour nous comprendre. Bien sûr, la modulation n'était certainement pas très fidèle,
il y avait beaucoup mieux quand on parvenait déjà à communiquer, nous étions on ne peut plus joyeux.
Alors, comme on dit par ici on jetait sa casquette en l'air de contentement ! .Par la suite, j'ai travaillé en ondes courtes parce que jadis, elles commençaient seulement a être connues et utilisées. Alors, j'ai installé dans le jardin, une antenne qui mesurait 90 mètres depuis la rue jusqu'au fond. Au bout, il y avait un mât de sapin que l'on allait chercher au charbonnage. J'ai tendu une antenne qui était équipée d'un contrepoids. Il était constitué par un fil isolé d'une longueur de 20 mètres à une distance d'environ 1,5 mètre de la terre. Ce contrepoids représentait plus ou moins l'image de l'antenne. Enfin, cela marchait et j'en était ravi. La première grande liaison radio et c'est du reste la plus belle, était celle établie avec un radioamateur Néo-Zélandais.Il avait pour indicatif ZL2BZ .Je l'ai contacté en télégraphie dans la bande des 20 mètres. J'ai été reçu dans de bonnes conditions puisqu'il ma donné le report de 56 (ce premier chiffre détermine la compréhension du message envoyé, 5 étant le maximum. Quand au second chiffre, il représente la force du signal reçu en Nouvelle-Zélande, 9 étant le maximum). Et tout ceci avec du matériel dont l'isolement était faible. Malgré cela, j'ai réalisé le plus lointain contact radio, bien avant d'avoir contacté des stations Américaines. Je pense qu'une telle réalisation tenait de l'exploit en ce temps-là. Ensuite, j'ai continué avec deux amis dont l'un avait fait son école coloniale, l'autre était Maurice Meunier de Mons . Il avait fait l'école des mines et est malheureusement décédé après avoir travaillé au Congo . Il avait pour indicatif S5 puis CH2 et lorsqu'il venait à la maison, il disait qu'il était en MISSION D'AMATEUR . En fait, il essayait de faire des adeptes pour la radio. Il faisait de très bonnes émissions avec ses appareils. D'autres stations de la région travaillaient avec les indicatifs B2-G4-S3 . Pour ma part, je dois vous dire que j'ai utilisé l'indicatif O5 , et puis je me suis attribué l'indicatif 4LI . C'était le plus simple en télégraphie et cela se manipulait très facilement. Il n'y avait pas de législation existante en ce temps- là et on n'était pas ennuyé. Quand on émettait, le glissement de fréquence était très important et il fallait souvent rechercher son correspondant au bout de la bande réservée aux radioamateurs. Les signaux manquaient de stabilité car les montages n'étaient pas suffisamment élaborés. C'était réellement un tour de force pour faire un QSO valable. A ce point de vue, les Américains maîtrisaient mieux cette technique et avaient certainement 4 à 5 ans d'avance sur nous. |
||||
QUESTION : Comment était la première station d'émission ? | ||||
Au début, l'émetteur était
constitué d'un tube de basse fréquence de la
firme Radio Technique. J'ai aussi employé des B406 ou B409 de
PHILIPS . Plus tard,
j'ai utilisé deux lampes en Push Pull sur un support que l'on fabriquait avec du mica, des buselures, et qui étaient
placées dos à dos. Cet émetteur était monté sur une planchette suivant le système de
l'oscillateur HARTLEY. Lorsque l'on travaillait en télégraphie, on utilisait de
l'alternatif brut. Puis, on délaissa la tension de secteur qui a été ensuite redressée et filtrée par des
soupapes électrolytiques. Il y avait des blocs d'accus de 40 ou de 80 volts en série. Tout cela donnait tout de même, à la réception, une bonne note avec un ton du genre mille périodes, un peu comme les sirènes de navire. Ce n'était pas facile de communiquer, surtout avec la faible puissance dont on disposait. Quand on brisait
accidentellement un tube, cela coûtait très cher. En effet, le prix d'une lampe était alors de
120 francs. Pour vous faire une comparaison, mon père gagnait en ce temps-là 5 francs
par jour, ce qui représentait 24 journées de travail! Le récepteur était du type BOURNE en montage sur planchette avec de petites lampes de genre A410, A415 à faible consommation car il fallait préserver
les accus et ne pas les recharger trop souvent. En 1935 , j'ai obtenu mon indicatif officiel de ON4CN
après avoir passé l'examen à la Régie des Télégraphes et des Téléphones à Bruxelles. A cette époque, il fallait réussir les deux épreuves (Télégraphie et Téléphonie) pour obtenir la licence. J'étais accompagné de mon ami Gérard Caudrelier , professeur de langues dans une école moyenne, et d'un médecin qui opérait à la clinique de Warquignies . Ils étaient également candidats à l'examen de
radioamateur. J'ai testé
pratiquement tous les systèmes de modulation d'amplitude. Par exemple: modulation Gouraud, Mopa, Maisny, Push
Pull, TPTG, Tuned Plate, Tuned Grid. Ces essais ont été réalisés entre autres, avec mon ami
Fernand Delbrouck (ON4LB) habitant Ciply . La belle modulation d'amplitude était alors
très appréciée lors des contacts locaux ou lointains. Voilà comment un groupe de
RadioAmateurs de notre
terroir a sensiblement contribué aux premiers pas dans la grande aventure des télécommunications. |
||||
Quelques Dates a retenir: | ||||
1878 |
La Suisse utilisera le téléphone pour transmettre de l'opéra chez les abonnés sous le nom de théâtriphone. |
1884 |
A Bruxelles , il y avait déjà 612 abonnés. La
Reine Marie-Henriette se faisait transmettre par téléphone, les spectacles du théâtre de la Monnaie, son Royal époux Léopold II détestant le théâtre. |
1896 |
A Budapest , 200 abonnés du téléphone écoutaient le journal hongrois " Musique et Nouvelles " . |
1913 |
La Belgique est considérée comme un pionnier en matière Radio. Avant la guerre, il y a déjà la fondation d'une école de T.S.F , d'une station émettrice construite par l'ingénieur Marzi , pour communiquer avec le Congo belge (Zaïre) . Début des émissions à Bruxelles . Le Roi Albert très fasciné par les nouvelles techniques, les écoutera sur poste à galène. |
1923 |
S.B.R société Belge de Radiophonie construira la première station Radio Belgique qui quelques mois plus tard deviendra Radio Bruxelles . Elle émettait des studios de la rue Stassart à Ixelles. Les ondes étaient
reçues en France ,
en Norvège , et en Algérie . Toutes
les émissions étaient lancées en direct avec un orchestre en studio pour les causeries et journaux parlés.
|
1930 |
18 juin, la loi institue l'I.N.R (Institut National de Radiodiffusion). |
1935 |
Il y avait déjà 16 stations
émettrices sur les ondes dont Radio Châtelineau , Radio Binche , Radio Wallonia ..... |
1940 |
Dès la guerre, ces stations ont dû cesser leurs activités. |
1944 |
4 septembre, première émission de Radio Hainaut sous le direction de
Luc Varenne. |
Sources : Hector Buslain et Roland Froidure (ON6UR)
|
Dernière modification: 01/02/2006 |
Écrivez moi : claude@on4cn.org |
|